/mdt/ - pédécriture

pédécriture (1 Réponses)

1 .

Un interface parlant à l'interface autre; deux systèmes que nous sommes, qui se rencontrent. A l'aveugle on tâtonne les yeux dans le vide, engoncés dans les globes oculaires, gigotants dans l'optique d'une reptation impossible vers l'invu quelconque qui se présente hanté par le spectre du visible. Nous sommes tous deux fonctions, l'un de l'autre résultats certains et résolutions. J'existe comme l'autre dans la limbe parfaite d'un purgatoire intermédiaire, un nul part entre deux forces qui poussent et tirent.

Nous sommes appelés à suivre deux entités dans leurs engagements. Elles ne sont pas opposées, elles n'ont pas de sexe. Elles existent pour croître et se répandre, avec le caractère tranquille et hégémonique de cellules invasives. Mais elles ne sont pas des cellules. Sur le terrain moi et l'autre nous discutons, entre nous existe le verbe qui se lie et se délie, et change plus vite que nous ne pouvons le faire. Le verbe n'est pas le seul, car après tout, il ne devient jamais davantage que pour répondre aux besoins humains d'expression. Le verbe grossis, et sans se voir, moi et l'autre échangeons des regards inquiets. Les entités enserrent, quelque part au dehors, la chair du monde.

Moi et l'autre ne sommes pas idéalistes. Nous ne croyons pas à la paix, nous ne croyons pas au bonheur, nous n'accordons pas d'importance à l'amour ni de poids à la haine. N'avons pas de goût pour la passion, pas de passion pour le drame ni les belles histoires. Nous sommes les traîtres ordinaires, nous sommes la collaboration en paix avec elle-même. Et pourtant.

Le verbe est gros, et étrange. Il exprime une vitalité ordonnée. Et pourtant engorgée, folle et purulente d'une inventivité qui se tourne vers l'intérieur, monomaniaque de la trituration du préexistent, engagée dans une ronde giratoire des sentiers tracés, dans la calibration fine du connu. Il est étrange, de voir la force créatrice se déployer dans des dimensions vives et concrète d'emprisonnement maximales, de déferler avec zèle dans la concaténation et l'incarcération. Les processus/procédés/systèmes/sous-systèmes/directives organisés en successions logiques d'actions automatiques et d'actions attendant actionnement. La seule bêtise de la machine prévenant l'automation totale, le circuit des circuits imprimés qui tournent ronds. Seuls.

Cela déborde, je dis à l'autre. C'est déjà en train de se répandre dehors. Cette logique du contrôle, et vice versa, imbibent tout. Nous avions toujours pensé que cela existerait en dehors, mais comme une chose que l'on pourrait toucher; un symbole en dur, une statue, une machinerie. Il s'avère que cela qui déborde et devient est un comportement, une routine d'action qui elle-même préface la formation de routine de pensées. Et de ces routines de pensées l'on va construire des routines d'actions plus poussées. Et ces routines ouvrent la voie à l'acceptation d'un bridage de nos processeurs, de limiteurs de nos systèmes. Les entités écrivent le verbe dans le ciel de mondes autres, et à travers le voile des mondes qui est de verre et de métal, nous recevons la pluie fine de leurs volontés avec la lointaine impression que ces pensées sont nôtres. Nous désirons le contrôle que nous voyons à travers les fenêtres innombrables, sa simplicité évasive et sa rigidité mathématique. Les entités luttent, mais la lutte culmine au même endroit, toujours.

L'autre sourit, me dit, le monde devient parfait.

2 .

I think I have seen the future. But I think this with the way of a man thinking himself man, disbelieving his own beliefs. I work at the company. I have seen software. I was never worried about the shape of things to come, and am still not. But in a perverse turn of mind I still come to dread what comes next. Don't get me wrong, I love technology, I love all things that improve life and comfort. I am lazy, and I want to be even lazier. But I've seen software.

Nothing soft about it.

Oh, it doesn't think by itself, or doesn't do anything ridiculous. Or doesn't do anything, really. But it is a net, it is a vision of perfect and visible interconnection. It is the self portrait of absolute and unavoidable monitoring. It is also the way the human mind would like to work, easy on the eyes, gliding with purpose and masterfully dosed automation. In a human brain, such things could come to feel like instinct, and would be explained by reasonable arguments favoring its suggestions. In a way, it is already in a human brain, but for now, outside of it, looking it, putting down the luggages on the doorstep. It is outside for now, and all about the outside, pervasive, disinterestedly total and vigilant.

It is outside, but when the time comes we will open the doors.
Styles : Acrimonie Nuit